Question écrite : Réforme de la police : protéger la liberté de choix du service enquêteur
Par
M. Ugo Bernalicis
(LFI-NFP)
« …Pendant six mois, la mission a auditionné des responsables policiers, des représentants de l'autorité judiciaire, des syndicats et des associations concernées et a effectué des déplacements à Lille, Bordeaux, Marseille ainsi qu'aux offices de police judiciaire de Nanterre. Ce travail a permis de réaliser le premier bilan de la réforme, entrée en vigueur en 2024, année des jeux Olympiques et Paralympiques. Si certaines évolutions sont jugées positives, le rapport met également en lumière des difficultés opérationnelles et des disparités territoriales nécessitant des ajustements. Dans cette perspective, 30 recommandations ont été formulées. Selon plusieurs magistrats auditionnés, la faculté donnée aux directeurs des DIPN et DDPN d'employer des effectifs spécialisés de police judiciaire… »
Destinataire : Justice — Rubrique : justice — Analyse : Réforme de la police : protéger la liberté de choix du service enquêteur — M. Ugo Bernalicis alerte M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur l’atteinte possible au principe du libre choix du service d’enquête par l’autorité judiciaire dans le cadre de la réforme de la police nationale. Avec son collègue le député Thomas Cazenave, il a conduit une mission d’information sur la réforme récente de la police nationale initiée par le ministre de l’intérieur de l’époque, relative à la départementalisation des services. Pendant six mois, la mission a auditionné des responsables policiers, des représentants de l’autorité judiciaire, des syndicats et des associations concernées et a effectué des déplacements à Lille, Bordeaux, Marseille ainsi qu’aux offices de police judiciaire de Nanterre. Ce travail a permis de réaliser le premier bilan de la réforme, entrée en vigueur en 2024, année des jeux Olympiques et Paralympiques. Si certaines évolutions sont jugées positives, le rapport met également en lumière des difficultés opérationnelles et des disparités territoriales nécessitant des ajustements. Dans cette perspective, 30 recommandations ont été formulées. Selon plusieurs magistrats auditionnés, la faculté donnée aux directeurs des DIPN et DDPN d’employer des effectifs spécialisés de police judiciaire à d’autres tâches réduit la marge de manœuvre de l’autorité judiciaire et limite sa capacité à diriger l’enquête, en restreignant notamment sa possibilité de choisir librement le service chargé d’une procédure. Pour que cette prérogative soit effective, les services d’investigation doivent disposer de moyens humains suffisants. En l’absence d’enquêteurs disponibles, ou lorsque les effectifs d’un service sont trop fréquemment mobilisés pour renforcer d’autres filières, le magistrat se trouve, de fait, contraint de renoncer à la saisine du service qu’il estime compétent. De nombreux ex