Question écrite : Illégalité traitement données personnel noms et prénoms CNIL
Par
M. Emmanuel Fernandes
(LFI-NFP)
« …Or il est avéré que le ministère de l'intérieur a non seulement décidé d'ignorer ces recommandations, mais a également confirmé ne pas avoir réalisé l'étude d'impact jugée indispensable par l'autorité de contrôle. Le ministère a justifié cette décision par une prétendue urgence liée à l'organisation des jeux Olympiques et Paralympiques 2024, un argument qui apparaît disproportionné au vu du caractère pérenne du fichier et de la sensibilité des données collectées. En recensant les anciens et les nouveaux prénoms, ce traitement de données révèle de fait des informations sur l'identité de genre des personnes, ce qui constitue par ailleurs une violation pure et simple de l'artic »
Destinataire : Intérieur — Rubrique : droits fondamentaux — Analyse : Illégalité traitement données personnel noms et prénoms CNIL — M. Emmanuel Fernandes alerte M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur, sur la mise en place du traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « Table de correspondance des noms et prénoms », créé par l’arrêté du 19 décembre 2023. Ce fichier a pour finalité de recenser les changements de noms et de prénoms pour, selon le ministère, assurer la continuité de l’identification des personnes et garantir la fiabilité des fichiers de police, d’identité ou liés à la circulation routière. Toutefois, ce dispositif soulève de très graves inquiétudes quant au respect des droits et libertés fondamentaux. Dans sa délibération n° 2023-103 du 5 octobre 2023, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a émis d’importantes réserves, soulignant que ce traitement était susceptible de créer « une liste exhaustive des personnes ayant changé de prénom en raison de leur genre ». En raison des « risques élevés pour les droits et libertés pour les personnes concernées », la CNIL avait conclu qu’une analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) était nécessaire avant toute mise en place de ce fichier. Or il est avéré que le ministère de l’intérieur a non seulement décidé d’ignorer ces recommandations, mais a également confirmé ne pas avoir réalisé l’étude d’impact jugée indispensable par l’autorité de contrôle. Le ministère a justifié cette décision par une prétendue urgence liée à l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques 2024, un argument qui apparaît disproportionné au vu du caractère pérenne du fichier et de la sensibilité des données collectées. En recensant les anciens et les nouveaux prénoms, ce traitement de données révèle de fait des informations sur l’identité de genre des personnes, ce qui constitue par ailleurs une violation pure et simple de l’artic